Les jeux font partie intégrante du développement de l’enfant. Ils favorisent l’apprentissage, la socialisation et l’épanouissement. Cependant, certains jeux dits dangereux peuvent mettre en péril la santé physique et psychologique des enfants.
Souvent pratiqués par curiosité, par défi ou sous l’influence du groupe, ces comportements représentent un véritable enjeu de prévention pour les familles, les éducateurs et les professionnels de l’enfance.
Qu’est-ce qu’un jeu dangereux ?
Un jeu dangereux est une pratique ludique apparente qui comporte des risques graves pour l’enfant, voire mortels. Contrairement aux jeux sportifs encadrés, ces activités ne respectent aucune règle de sécurité et peuvent provoquer des blessures, des traumatismes ou des atteintes irréversibles à la santé.
On distingue principalement deux grandes catégories :
- Les jeux d’asphyxie : ils consistent à se priver volontairement d’oxygène (par strangulation, apnée prolongée, compression thoracique) afin de ressentir des sensations fortes,
- Les jeux de défi : ils poussent l’enfant à dépasser ses limites physiques ou psychologiques (se mettre en danger, se faire mal, consommer des substances, relever des défis extrêmes, souvent relayés sur les réseaux sociaux).
Pourquoi les enfants pratiquent-ils ces jeux ?
Plusieurs facteurs expliquent l’attrait de ces pratiques :
- La curiosité et la recherche de sensations fortes, particulièrement à l’âge préadolescent.
- La pression du groupe : le besoin d’appartenance peut inciter l’enfant à imiter les autres.
- La méconnaissance des risques : beaucoup d’enfants perçoivent ces jeux comme inoffensifs.
- L’influence des réseaux sociaux, où certains défis dangereux sont banalisés, voire valorisés.
- Le mal-être ou le besoin de reconnaissance, qui peuvent pousser certains enfants à se mettre en danger pour attirer l’attention.
Les dangers et conséquences
Les jeux dangereux ne sont pas des expériences anodines. Leurs conséquences peuvent être graves :
- Conséquences physiques : pertes de connaissance, lésions cérébrales, fractures, brûlures, troubles respiratoires, voire décès.
- Conséquences psychologiques : anxiété, traumatismes, dépendance au danger, perte de confiance en soi.
- Conséquences scolaires et sociales : isolement, baisse des résultats scolaires, difficultés relationnelles.
Les jeux d’asphyxie sont particulièrement préoccupants, car même une courte privation d’oxygène peut entraîner des dommages irréversibles au cerveau.
Les signes d’alerte à repérer
Les adultes doivent être attentifs à certains signes pouvant indiquer la pratique de jeux dangereux :
- Marques inexpliquées sur le cou ou le corps
- Maux de tête fréquents, vertiges, fatigue inhabituelle
- Isolement, changement brutal de comportement
- Discours banalisant le danger ou évoquant des défis
- Accessoires suspects (cordes, ceintures, foulards utilisés hors contexte)
La détection précoce est essentielle pour prévenir les accidents.
Le rôle des parents et des éducateurs
La prévention repose avant tout sur le dialogue et l’éducation. Les adultes ont un rôle clé à jouer :
- Informer les enfants de manière adaptée à leur âge, sans dramatiser mais en expliquant clairement les risques.
- Instaurer un climat de confiance pour que l’enfant ose parler de ce qu’il voit ou pratique.
- Encadrer l’usage des écrans et des réseaux sociaux, en discutant des contenus visionnés.
- Valoriser des activités positives, sportives ou créatives, permettant à l’enfant de se dépasser sans danger.
- Travailler en partenariat entre parents, école et professionnels de santé.
Les jeux dangereux chez les enfants constituent un phénomène préoccupant, souvent sous-estimé. Mieux les connaître permet de mieux les prévenir.
En informant, en dialoguant et en restant vigilants, les adultes peuvent aider les enfants à faire des choix plus sûrs et à comprendre que le véritable courage ne réside pas dans la prise de risques inutiles, mais dans la capacité à se protéger et à protéger les autres.
Où trouver du soutien ?
Le site de l’association SOS Benjamin, qui porte le nom de ce jeune garçon victime du jeu du foulard décédé à la suite de ses blessures, et dédié aux parents, aux jeunes pour que de tels drames n’arrivent plus.
Vous trouverez également des informations complémentaires sur le site l’association APEAS.
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